Le suivi des déchets échoués se renforce

12 mai 2021

Mi-avril, les agents du Parc, du CEDRE*, et leurs partenaires, se sont retrouvés sur le littoral pour mettre en place 3 nouveaux sites de surveillance des déchets échoués, portant le réseau de suivis à 11 sites dans le Parc. Ces prospections terrain ont permis d’accueillir dans le réseau de nouvelles structures pour participer aux suivis et de tester des protocoles expérimentaux de prélèvement des macro et micro déchets sur les plages et dans les estuaires.

Depuis 2018, un suivi des déchets sur le littoral a été initié par les agents du Parc et ses partenaires dans le cadre du Réseau National de Surveillance des Macrodéchets sur le Littoral, coordonné par le CEDRE*. Ces opérations consistent à prélever les macrodéchets 4 fois par an sur des sites bien définis, de les identifier et de les comptabiliser. Cette action a pour objectifs de récolter des données pour caractériser la pollution par les macrodéchets sur le littoral (composition, quantité et répartition spatiale) et mettre en place des mesures adaptées. Ces données sont ensuite compilées au niveau national et européen.

*CEDRE : Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles de l’eau
 

Suivi des macro-déchets échoués sur les plages

Suivi des macro-déchets échoués sur les plages

Marine Paul - CEDRE

Suivi des macro-déchets échoués sur les plages

Marine Paul - CEDRE

Ramassage par un agent du Parc des macro-déchets produits par l’homme

Ramassage par un agent du Parc des macro-déchets produits par l’homme

Marine Paul - CEDRE

Ramassage par un agent du Parc des macro-déchets produits par l’homme

Marine Paul - CEDRE

Quels sont les nouveaux sites et pourquoi ont-ils été choisi ?

Afin de mener le suivi des macro déchets échoués à l’échelle du Parc, dans le respect du protocole international de surveillance de la convention OSPAR, 3 nouveaux sites ont été prospectés mi-avril et retenus : l’estuaire du Payré et la pointe d’Arçay, au nord du Parc, et la baie de Bonne-Anse.

Ces sites ont été choisis car :
•    ils complètent le réseau de 8 sites de suivis bien répartis sur tout le littoral du Parc,
•    ils sont suffisamment exposés et correspondent à des zones d’échouage  des déchets,
•    ils sont situés sur des zones où les déchets ne sont pas ramassés par les collectivités, les associations ou les citoyens (absence de « bac à marée »)
Pour mener les prélèvements sur ces nouveaux secteurs, en plus du Parc, 2 nouvelles structures rejoignent le réseau local de suivi des macro déchets échoués et ont été formées au protocole de suivi : le groupement associatif de l’estuaire et Environnat’17. 
 

Suivi des macrodéchets échoués sur les plages et des microparticules de plastiques à l'échelle du Parc

Suivi des macrodéchets échoués sur les plages et des microparticules de plastiques à l'échelle du Parc

OFB

Suivi des macrodéchets échoués sur les plages et des microparticules de plastiques à l'échelle du Parc

OFB

Le Parc : un lieu d’expérimentation de nouveaux protocoles

Afin d’améliorer les connaissances sur l’origine et la composition des déchets échoués sur le littoral, des suivis complémentaires sont nécessaires notamment sur les déchets de très petite taille. 

Suivi des mésoplastiques et des grands microplastiques échoués

Suivi des mésoplastiques et des grands microplastiques échoués

Marine Paul - CEDRE

Suivi des mésoplastiques et des grands microplastiques échoués

Marine Paul - CEDRE

Suivi des grands microplastiques et des mésoplastiques

Les mésodéchets sont les déchets de taille comprise entre 5mm et 2,5cm et les grands microplastiques sont les déchets de taille comprise entre 1 et 5mm. Du fait de leur très petite taille, ces déchets sont difficilement observables et ne sont pas prélevés et identifiés de la même manière par les opérateurs. Leur quantité est souvent sous-estimée dans le cadre du protocole actuel de suivi et les données ne sont pas exploitables. Aussi le CEDRE a développé un protocole spécifique à cette catégorie de déchets afin de mieux les prendre en compte dans les analyses.
Ce protocole sera expérimenté sur certains sites du Parc comme « Bonne Anse » et « Pointe d’Arçay » où une quantité importante de petits fragments de plastique et de « larmes de sirène » ou GPI (Granulé Plastique Industriel) ont été retrouvés.
 

Déploiement du réseau de suivi des apports des bassins hydrographiques

Afin d’identifier et quantifier les déchets charriés par les fleuves, le CEDRE met progressivement en place un nouveau Réseau National de surveillance des macrodéchets issus des bassins hydrographiques. L’objectif est de caractériser les macrodéchets déposés sur les berges, en amont immédiat des estuaires, et de mieux comprendre quelle est la part des déchets d’origine continentale ou marine. Ce dispositif sera expérimenté cette année sur l’estuaire de la Gironde par l’Association Environnat’.

Le Parc envisage de déployer ce suivi sur l’ensemble des estuaires qui se trouvent sur son périmètre : Charente, Seudre, Sèvre-Niortaise, Lay et Payré.
 

Suivi des macro-déchets échoués dans les estuaires

Suivi des macro-déchets échoués dans les estuaires

Marine Paul - CEDRE

Suivi des macro-déchets échoués dans les estuaires

Marine Paul - CEDRE

Pourquoi ne faut-il pas ramasser les déchets sur les zones d’études ?

Des actions citoyennes ou associatives de nettoyage des plages se multiplient sur le littoral du Parc marin et sont très importantes ! Les suivis coordonnés par le Parc sur les 11 sites permettent de ramasser les déchets des plages mais ce n’est pas l’objectif premier. Il s’agit d’un suivi scientifique destiné à évaluer avec précision le type de déchets échoués, leur quantité et volume, leur provenance et l’évolution de cette pollution sur le long terme. 

Afin de ne pas fausser les résultats de ce suivi scientifique réalisé sur des portions de 100 m, les déchets ne doivent pas être ramassés par les collectivités, les associations ou les citoyens sur les zones d’étude. L’absence de déchets pourrait être interprétée comme une absence de pollution non représentative de la réalité. L’ambition du Parc est de mener ces actions de concert avec l’ensemble des acteurs concernés afin de lutter efficacement contre l’échouage des déchets sur nos côtes.

Les actions éco-citoyennes de ramassage des déchets et les suivis scientifiques remplissent des objectifs différents et complémentaires. 
 

Les premiers résultats

Le CEDRE est mandaté par la Direction de l’Eau et de la Biodiversité, du Ministère de la Transition écologique, en tant que pilote du programme national de surveillance des déchets sur le littoral pour la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin Dans le cadre d’un partenariat avec l’OFB, le CEDRE assure la synthèse des données produites à l’échelle des Parcs naturels marins.

Les chiffres clés en 2020 :
•    426 déchets ramassés par zone de 100 m (hors fragments non identifiés inférieur à 2,5cm ; 552 déchets /100 m en moyenne).
•    90 % des déchets collectés sont composés de matières plastiques. 5% des déchets sont en caoutchouc et 5 % sont composés de différents matériaux (vêtements/textile, papier/carton, bois usiné/travaillé, métal, verre et céramique, autres/divers).
•    35 % des déchets proviennent des activités de pêche et aquaculture (filets, matériel conchylicole).
•    20 % correspondent à des fragments en plastique supérieurs à 2,5 cm d’origine non identifiée.
•    19 % des déchets sont issus de plastiques à usages unique (coton-tige, emballage alimentaire, bouchons et capsules, …).